Adieu les cons

2020

réalisé par: Albert Dupontel

avec: Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié

Adieu les cons”… en voilà un titre accrocheur et qui donne envie d’en savoir plus, et entre nous, qui nous parle un peu à tous en ce moment. Au moins, l’ambiance est posée! 8ème film du cinéaste et acteur Albert Dupontel, il sort aujourd’hui en salles (il a eu chaud mais rassurez-vous, vous pourrez finalement courir le voir), et on a eu la chance de le voir en avant-première. On réfracte donc le dernier film de l’extravagant réalisateur.

Déjà, on ne peut pas attaquer la critique du film sans revenir sur l’univers de Dupontel. Humain avant tout, il nous embarque toujours dans sa vision du monde de manière touchante, bouleversante, sensible mais surtout burlesque. Il est à part, et il fait partie des rares qui savent nous émouvoir tout en nous faisant rire. Il nous touche et provoque en nous des sentiments divers, et parfois, on n’a aucune raison d’être ému mais on a tout simplement envie de l’être. Bon, maintenant qu’on a fait notre déclaration, passons à ce film subjuguant. 

Après l’adaptation du roman “Au-revoir là-haut”, Dupontel revient donc avec un film bien à lui dont il est le scénariste et qu’il a mis un certain temps à écrire d’ailleurs. On prend donc un grand plaisir à le retrouver avec une histoire sortie de son imagination, où l’on retrouve ce côté burlesque qu’on aime tant, avec des personnages et leurs histoires fantasques. Avec eux, il va dénoncer et nous sensibiliser aux travers de la société, toujours avec ce côté absurde qui nous arrache quelques rires, un peu à la manière d’un certain Stanley Kubrick dans “Dr Folamour”. Et pour avoir le droit à cette comparaison, autant vous dire que Dupontel frappe toujours fort avec son univers, même si “Adieu les cons” est plus posé que ce qu’il pouvait proposer avant mais toujours aussi pertinent.

“Problème de voisinage”

Niveau technique, très peu de choses à dire finalement, le film parle de lui-même. La photo est sublime, l’éclairage et le son sont des outils de narration tout aussi importants que le reste. La réalisation est bien pensée, réfléchie, et apporte un côté “cartoon” à certaines scènes et convoque tout un héritage de la comédie cinématographique: Benny Hill, Charlie Chaplin, Jerry Lewis, Buster Keaton… Les messages que le cinéaste veut faire passer ressortent diablement bien grâce à sa mise en images et au jeu des acteurs. Dupontel est aussi un excellent acteur, qui joue dans toutes ses œuvres, et il magnifie le film. Nicolas Marié, acolyte du cinéaste, interprète Mr Blain à merveille et nous fait rire par l’exubérance de son personnage. Mais la plus belle surprise reste le personnage de Suze, incarnée par Virginie Efira, parfaite dans son rôle. Elle habite son personnage, qui semble presque écrit pour elle, ce qui la rend encore plus attachante. Qui aurait cru qu’on verrait un jour l’ancienne présentatrice de la Nouvelle Star dans un film d’Albert Dupontel et qu’on l’aimerait de tout notre cœur ?

Le film est rempli d’humanité, c’est certain, et il prend aux tripes par son histoire et ce que veut nous dire Dupontel. Ses messages sont forts et nous parlent, on se sent rapidement concerné et en même temps que les personnages vivent leurs aventures, ça nous touche car on fait corps avec eux. Le film traite de plusieurs sujets sensibles, il est très compliqué de synthétiser tout ça, et on ne va pas vous écrire 10 pages. Et puis on ne veut pas trop en dire, on vous laisse vous faire vos propres avis et interprétations. Mais le sujet principal du long-métrage est définitivement la pression sociale, amorcée par plusieurs thèmes: la maladie et le handicap, le burn-out et le suicide, la quête de l’amour sous plusieurs formes, l’adolescence et la recherche d’identité… autant de thématiques qui doivent parler à tous et qui font qu’on se sent impliqué dans les péripéties de chacun et que ça nous bouleverse. Les trois héros représentent les petites gens, la France d’en bas, poursuivis et opprimés par les “puissants”. “Adieu fait les cons” fait état de notre société actuelle et c’est ce qui le rend si intense.

Une réalisation parfaite, des acteurs plus qu’à la hauteur, des histoires qui font un récit prenant et bouleversant, et une bonne dose d’humanité… voilà la recette du dernier film de Dupontel, et ça fonctionne! On en ressort ému et il nous fait réfléchir, et le cinéma a besoin de ça en moment. On espère donc que vous allez précipiter dans les salles pour le voir, parce qu’il mérite qu’on s’y attarde.

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