Kids Corner: Lupin III: The First
Lupin iii cover

2019

réalisé par: Takashi Yamazaki

avec: Kan’ichi KuritaSuzu HiroseTatsuya Fujiwara

Quelques semaines après que vos Réfracteurs ont réinvesti leur salle de cinéma favorite, au terme d’un confinement éprouvant, c’est aujourd’hui au tour de notre jeune complice Tsuyu de s’asseoir à nouveau sur les fauteuils rouges. On ne répétera jamais assez que la plupart des exploitants respectent scrupuleusement les règles sanitaires et que malgré l’atmosphère moribonde, le cinéma est un espace de sécurité. Masque dans les couloirs (même si elle n’a pas la limite d’âge demandée, soyons prudents), ticket en poche et surtout pop-corn sous le bras, notre mini-Réfractrice s’émerveille aujourd’hui pour “Lupin III: The First” et on vous livre son ressenti issu de notre traditionnel débrief.

Mais un point sur le scénario avant tout: c’est le grand retour d’un personnage mythique de l’animation japonaise, cette fois en 3D, le cambrioleur de haut vol Lupin III, petit-fils de notre Arsène Lupin national. Dans cette nouvelle aventure, il va se lancer à la poursuite du “journal de Bresson”, le cahier d’un célèbre archéologue censé mener à un trésor au pouvoir titanesque. Mais il va avoir de la concurrence en la personne d’anciens nazis désireux d’utiliser ce pouvoir pour ressusciter le 3ème Reich. Le destin du monde est entre les mains de Lupin et sa bande!

Et quelle bande! Tous hauts en couleurs, les personnages qui épaulent Lupin ont su parler à Tsuyu, avec un émerveillement particulier dans ses yeux pour le héros de cette histoire. Facétieux, rigolard et virevoltant, notre consultante jeunesse s’est bidonnée devant Lupin, et c’est bien normal: ses pitreries parlent à tous, jeunes ou adultes, et cette nouvelle aventure rend hommage à son caractère exubérant.

Tout le côté grandiose et épique de cette grande épopée a également séduit Tsuyu. D’un bout à l’autre du globe, et toujours plus fort dans les scènes d’action, le film offre une parenthèse de divertissement plaisante et rythmée qui a séduit notre complice. Appuyé par un thème musical follement entraînant et jazzy, le pari de l’aventure est réussi avec un certain talent

Lupin iii illu

“Une belle brochette.”

Et ce malgré le fait que le film fait de nombreuses références à des films que Tsuyu ne connaît pas encore, “James Bond” mais surtout “Indiana Jones” en tête. À vrai dire, le métier d’archéologue était inconnu de notre bambin qui commence à peine du haut de ses 8 ans à aborder l’Histoire à l’école. L’occasion d’apprendre quelque chose en s’amusant, et la promesse de se pencher un jour sur ces autres films cultes, on n’en demandait pas mieux. On notera toutefois que grâce au cinéma, notre complice jeunesse savait situer la Seconde Guerre mondiale et ses enjeux, et que c’est peut-être un prérequis nécessaire pour apprécier “Lupin III: The First”.

Si nous, adultes aigris, avons une tendresse particulière pour l’animation japonaise traditionnelle, le parti pris de propulser Lupin III dans un style graphique en images de synthèse n’a pas gêné Tsuyu qui a approuvé ce choix. Globalement réussie, la patte graphique lui a semblé adaptée et c’est peut-être une concession à faire à la modernité, même si notre bout-de-chou-Réfractrice est sensible aux deux styles de dessins animés.

Mais ce qu’on retiendra sans doute le plus de “Lupin III: The First”, c’est le pont générationnel qu’il a su instaurer entre Tsuyu et nous. D’une part le héros de l’histoire qu’on a nous aussi connu enfants, mais également le personnage d’Arsène Lupin qu’on a pu expliquer à notre enfant. Alors soyons honnêtes, dans l’immédiat, notre mini-Réfractrice ne va sûrement pas se pencher sur les livres de Maurice Leblanc, mais cette figure de la littérature française est désormais installée dans sa culture générale et tant mieux.

Mais tout n’est pas rose pour le cambrioleur haut en couleurs, et certaines facilités de scénario sont apparues aux yeux de Tsuyu comme aux nôtres. Certains personnages secondaires, sortis de la bande habituelle de Lupin, ne lui ont pas vraiment parlé, à commencer par l’antagoniste de l’histoire qu’elle n’a pas vraiment adopté. On ne parle pas tant de son caractère patibulaire qui forcément est là pour déplaire, mais plutôt de son élaboration un peu facile.

Facile également, certains rebondissements du scénario qui tombent comme un cheveux sur la soupe. Quelques résolutions sortent de nulle part et pas besoin d’être un adulte pour s’en rendre compte. Certaines énigmes notamment trouvent une solution soit téléphonée, soit impromptue et ça, Tsuyu l’a noté comme nous.

Puis il y a eu l’impression que dans les rapports humains que tisse l’oeuvre, le film tourne un peu en rond. La pseudo-romance entre Lupin et Laëtitia lui a semblé franchement pataude, entachant l’oeuvre d’une lourdeur pas forcément nécessaire. “Aimez-vous et basta” semblait ressentir Tsuyu: l’innocence de l’enfance

La note de Tsuyu:

6000

Lupin III: The First” n’est pas parfait et cela, même un enfant peut s’en rendre compte. Mais réinvestir les salles et voir le regard de notre jeune complice pétiller à nouveau devant un écran de cinéma, ça n’a pas de prix.

Spike

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