Locke & Key (Saison 1)

2020

avec: Connor JessupEmilia Jones, Laysla De Oliveira

À la suite du décès du père, une famille de Seattle quitte la ville pour retourner vivre dans le village d’origine du défunt. Sur place, la mystérieuse demeure familiale inoccupée semble receler bien des mystères : cachées dans la maison, toute une série de clés magiques, chacune capable d’altérer la réalité d’une façon différente. Elles vont aider la famille à faire la lumière sur les secrets familiaux.

Un résumé qui promet sa dose de fantastique, mais constatons avant tout que Netflix nous ressort l’éternelle formule de la famille décomposée. Après les orphelins BaudelaireStranger Things ou encore Ragnarök dont nous vous parlions récemment, c’est au tour de Locke & Key de proposer sa version de l’éclatement familial.

Pour preuve, toute une première partie de la série est très segmentée entre chaque membre de la famille. Le plus jeune apporte un côté malicieux aux découvertes, les deux adolescents ont d’autres préoccupations et pensent chacun pouvoir utiliser les clés à profit, et enfin la mère semble en marge du récit.

Un vrai problème d’ailleurs, car si du côté des enfants les histoires se mêlent et se répondent efficacement, toute la partie dévouée à la mère est à revoir. Exclue de l’intrigue, ses scènes sont forcées et impossible de s’attacher à ce personnage aux allures un peu niaises. Les créateurs essaient bien de lui rajouter un peu de relief au cours de la saison, mais rien ne prend et on pouffe davantage que l’on ne sympathise avec elle.

Compartimentée donc au début, probablement trop, puisque les passages d’un personnage à l’autre sont souvent forcés et arbitraires là où l’on aimerait voir de la fluidité. Et même au moment où les intrigues se réunissent, le plus jeune enfant paraît toujours plus ou moins exclu. Il faut dire que le petit frère et la mère ne livrent pas des performances inoubliables. Loin de là. C’est surtout qu’en essayant de séduire tous les âges que Locke & Key finit par ne plus en contenter aucun.

« Ouvre-moi la porte, toi qui a la clé »

Toutefois la série peut se reposer sur le côté ludique des clés. En dehors du fait qu’elles sont l’occasion de voir un peu plus de style dans la réalisation malgré quelques effets spéciaux incertains, elles redonnent toujours un souffle nouveau au récit. Le scénario réussit même à entremêler les pouvoirs pour gagner en complexité sans perdre le spectateur. Aucun doute, l’idée fonctionne bien, même si la symbolique de ces clés qui déverrouillent les secrets du passé grâce à leurs propriétés est un peu éculée.

On progresse donc au rythme des clés, toujours impatient de découvrir les pouvoirs de la prochaine et de savourer quelques instants d’éblouissement visuel. On a envie de pardonner quelques errances pour continuer. Locke & Key a très certainement un potentiel addictif élevé.

La série semble aussi multiplier les clins d’oeil à ses influences, beaucoup trop. Ça en deviendrait presque de la frime, tout particulièrement dans les premiers épisodes et leur côté Sundance du pauvre. Exemple typique avec le nouvel ami de la soeur aînée de notre famille, qui semble incapable d’aligner deux phrases sans lâcher un nom connu. Même quand ses influences sont bonnes, un peu de retenue permet davantage d’originalité.

Mais on se laisse prendre au jeu et on cherche toujours à savoir où nous mènera la prochaine clé. Comme un bon roman de gare, si Locke & Key sera probablement vite oublié et affiche de gros défauts, il n’en reste pas moins un divertissement efficace et haletant.

6000

De par son côté ludique, Lock & Key tient en haleine et devrait contenter une partie du grand public. En creusant un peu, les difficultés de construction sautent aux yeux et on recommande donc d’aborder la série avec légèreté.

Spike

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